UNISSAHEL au Tchad

Contexte

Le Tchad est confronté à une double charge de la morbidité : la persistance des maladies transmissibles et l’émergence des maladies non transmissibles.

 

La mortalité infantile a diminué très légèrement de 91 ‰ en 2005-2009 à 72 ‰ en 2010-2014. En revanche, la mortalité néonatale qui représente presque la moitié de la mortalité infantile n’a pratiquement pas diminué. Ces résultats sont imputables à l’importance des grossesses à risques (trop précoces, trop nombreuses, trop rapprochées), et à une fécondité élevée soit 6,4 enfants par femme.

 

La mortalité maternelle reste particulièrement comparée aux autres pays de la sous-région: 1084 décès pour 100 000 nouvelles naissances en 2009, 860 décès pour 100.000 naissances vivantes en 2014. Les femmes ayant reçu des soins prénatals, dispensés par un prestataire formé est passé de 43% en 2004 à 64 % en 2014. Ce taux varie fortement selon les milieux (59 % en milieu rural) et (84 % en milieu urbain). En outre seul 31 % ont effectué au moins les quatre visites recommandées ; cette proportion est nettement plus élevée en milieu urbain (51 %) qu’en milieu rural (26 %).

Près de 34 % des naissances se sont déroulées avec l’assistance de personnel de santé formé et seul 22 % ont eu lieu dans un établissement de santé ; cette proportion était de 16 % en 2010. Par ailleurs 15 % ont reçu des soins postnataux, conformément aux recommandations de l’OMS et seulement 6 % des femmes de 15-49 ans en union et 21% des femmes non en union utilisent une méthode contraceptive.

Pour lutter contre ces problèmes, le Tchad a mis en œuvre depuis 2005 une politique de gratuité des urgences, étendue en 2012 aux centres de santé avec pour groupes cibles les femmes enceintes et les enfants de 0 à 5 ans, visant à terme à proposer une couverture maladie, déjà relativement large du point de vue de la population visée et quasi-complète sur le segment de soins considéré, les soins mère-enfant. Cependant, comme dans beaucoup de pays sub-sahariens, cette stratégie d’extension de la couverture rencontre des difficultés, notamment en termes d’articulation avec l’architecture déjà existante du système de santé Tchadien – compte tenu de sa fragilité –, mais aussi en termes d’effectivité de la gratuité pour les populations visées.

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